SINGULARITÉ

4 800 

SINGULARITÉ III
10 x 92 x 92 cm
Bois, aimants, acier, verre
Pièce unique

SINGULARITY III
10 x 92 x 92 cm
Wood, magnet, steel, glass
Unique piece

D’un côté : un gros cube constitué de 125 unités ayant elles-mêmes forme cubique. De l’autre : 125 petits cubes, égaux à ceux formant le bloc, dont l’organisation peut prendre diverses formes. Placés sur une plaque en acier, ces cubes y adhèrent par effet d’aimantation, proposant ainsi l’image d’un tableau changeant sur lequel les modifications apportées par la main de l’artiste sont autant de remises en cause de l’équilibre initial.

Telle est Singularité : la mise en miroir d’un méga-cube, qu’on pourrait être tenté de nommer le tout, avec une somme d’unités égale à celles formant ce tout, mais potentiellement libres de se mouvoir.

Cette opposition formelle renvoie à une série d’oppositions conceptuelles plus ou moins familières au spectateur : ordre et désordre ; dictature et anarchie ; uniformisation et diversité ; oppression et liberté… Car contemplant le tableau, celui-ci prend conscience d’un certain nombre de phénomènes éclairants quant à la nature des deux ensembles et aux rapports qu’ils entretiennent.
Ainsi le méga-cube, compact et inamovible, pourra lui apparaître comme une image de l’ordre, mais un ordre dont la contrepartie est une asphyxie des unités par effet de masse. A l’opposé, les petits cubes disposés sur la plaque d’acier lui sembleront peut-être agencés de façon aléatoire, jusqu’à ce qu’il aperçoive la trame invisible qui les unit, sorte d’anarchie contrôlée dans laquelle la multiplicité devient richesse et le désordre apparent, signe d’une santé effective.

Suite logique dans la pratique de Quentin Carnaille, en ce qu’elle poursuit son questionnement sur la place de l’homme pris à la fois comme unité (tout) et partie de la société (du tout), Singularité donne une nouvelle forme aux interrogations sous-jacentes au travail de l’artiste. Il en résulte un fort sentiment de mise en garde contre certaines tentations humaines telles que l’uniformisation ou la rationalisation à outrance ; surtout, Singularité nous invite à croire en une possible organisation de la société par un effet de «main invisible», ou comment les divers intérêts personnels peuvent parfois finir par concourir au bien de tous.


On one side: a large cube made up of 125 pieces that are also cubic in shape. On the other side: 125 small cubes, the same size as those which make up the large block, which can be arranged in different compositions. The cubes are on a steel plate which they adhere to by magnetic attraction, thus creating a changing painting in which each modification made by the artist works as a challenge to the initial balance.

Singularity is the mirroring of a mega-cube, in which the sum of the units on one side is equal to those that form what one may call the whole on the other side, yet the units are potentially free to move.

This formal opposition refers to a series of conceptual oppositions which are more or less familiar to the viewer: order and disorder; dictatorship and anarchy; uniformity and diversity; oppression and freedom… While viewing the piece, the onlooker is made aware of diverse phenomena that shed light on the nature of the two sets and the relationships they maintain.
Thus the mega-cube, compact and irremovable, may appear to the viewer as an image of order, yet it is an order whose counterpart is suffocation of the units by the mass effect. On the other hand, the small cubes on the steel plate may seem to be arranged randomly until one perceives the invisible framework which links them together, a kind of controlled anarchy in which multiplicity becomes wealth and apparent disorder, a sign of effective health. 

A logical development in Quentin Carnaille’s practice, in that it continues to question the place of man both as a unit and a part of society, Singularity gives a new form to the concerns that run through Carnaille’s work. The result is a strong sense of warning against some of man’s temptations, such as excessive standardisation or rationalisation; above all, Singularity invites us to reflect upon the possibility of the organisation of society by an “invisible hand”, or how personal interests may sometimes end up competing with the common good.